Investissement
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Collaboration : Jacques Lépine 
Entrevue par : Frédéric Aubry
Texte : Annie Comtois
Photo : Sébastien Gamache
 

La fibre des affaires

Bien que Jacques Lépine soit né dans une famille pauvre, d’un père cultivateur et d’une mère fille de barbier, des idées de grandeur et le goût des affaires alimentent sa jeunesse. À son arrivée à Ottawa pour entamer des études supérieures, alors âgé de 18 ans, le monde de l’immobilier l’interpelle! En quête d’un logement vacant, il observe les affiches « à louer » disparaître en un clin d’œil et soupçonne une avenue prospère.
 
Inscrit d’abord à l’université en génie civil, il change de voie et en ressort avec un baccalauréat en administration. À ce moment-là, marié et avec un enfant, il opte pour un emploi à temps plein en comptabilité qu’il qualifie de son pain et de son beurre. En parallèle, il approfondit ses connaissances en affaires par de nombreuses lectures et, abonné à la revue américaine Finance, il lit un article révélateur : How to Wake Up the Financial Genius in You?
 
La formule abordée pour obtenir du succès en immobilier semble simple : chercher, faire des offres d’achat et être audacieux. C’est l’étincelle qui l’allume. M. Lépine applique exactement la technique conseillée : faire des offres d’achat, même sans argent, et une fois l’opportunité présente, se trouver un associé.
 

De 0 à 12 millions de dollars en 5 ans

Jacques Lépine effectue son premier achat en 1982 à Québec : un multiplex de cinq logements pour 60 000 $ et il doit investir 5000 $ en comptant pour réaliser la transaction. N’ayant pas cette somme, ce professionnel de la comptabilité offre à l’un de ses clients de fournir l’apport financier et de devenir partenaire. Celui-ci ne pouvant disposer d’un tel fonds sollicite l’aide de sa conjointe qui accepte. Le trio crée alors une société immobilière.
 
Enthousiaste, en l’espace de trois mois, M. Lépine déniche trois immeubles sans débourser de comptant. Évidemment, le financement s’obtient plus facilement à cette époque qu’aujourd’hui. Cependant, le défi est de faire des affaires avec les taux d’intérêt très élevés allant jusqu’à 24 % et dans ce contexte, beaucoup de propriétaires sont motivés à vendre. Quant à lui, ayant la ferme conviction que les taux redescendront, son objectif consiste à acheter un maximum d’immeubles. Comme son flair le prédit, quelques mois plus tard, les taux baissent à 8 %. Il assure ainsi un refinancement hypothécaire et avec les liquidités générées, l’homme d’affaires achète d’autres propriétés.
 
Il détient alors une cinquantaine de logements pour une valeur en capital d’un demi-million et un investissement immobilier de 12 millions de dollars cumulés en cinq ans!