Le HDR : Des photos plus invitantes

Le HDR : Des photos plus invitantes

Le HDR n’est pas de la Haute Définition avec la lettre ‘’R’’

Le HDR est une technique qui a été popularisé au Québec avec duProprio. Pour le meilleur… et trop souvent pour le pire.

Ce pire existe et pullule sur le marché de la vente de propriétés parce-que le HDR est une technique photographique qui est très souvent mal maîtrisée, mal interprétée.

Ce que le HDR est… et n’est pas!

HDR est un acronyme anglais, qui signifie High Dynamic Range (Plage Étendue Dynamique; mais personne ne dit PED). HDR ne veut donc pas dire Haute Définition, avec un ‘’R’’ qui traîne ensuite…

Photo par Patrice Bériault pour l’agence Immophoto et Dev McGill.

Photo réalisée par Patrice Bériault pour l’équipe de Dev McGill. Utilisation du HDR en plein jour, avec hauts contrastes. Le but était d’aller chercher les textures au premier plan, ainsi que les nuages pour créer cette profondeur et offrir une ambiance chaude et agréable et non pas dure et « froide », dans un environnement où il y a des textures peu organiques.

Le HDR? Juste une technique

Sachez d’abord ceci: le HDR est tout simplement un outil technique de travail parmi d’autres, au service du photographe et de son client. C’est une manière de photographier, comme le serait l’utilisation de flashs portatifs ou la photographie en mode ambiant pour une manipulation en fusion. Technique, technique, quant tu nous tiens!


Le principe derrière la technique est assez facile à comprendre; la manipulation elle, est plus complexe. Et comme beaucoup de gens s’improvisent photographes professionnels sur le terrain, les résultats trouvés sur le net vont dans tout les sens, au grand désarroi de nombreux clients courtiers et vendeurs.

L’oeil et le cerveau VS l’appareil photo

1er constat: le capteur de l’appareil photo n’a pas la même sensibilité que votre oeil. L’oeil et le cerveau équilibrent votre perception des ombres, des lumières et des lignes, atténuent les contrastes, etc..

2è constat: l’appareil photo n’a pas la capacité de saisir en un coup d’oeil (‘scusez le jeu de mots) la grande plage de luminosité qui s’offre à votre regard. Ainsi, si votre oeil peut tout aussi bien différencier les détails dans les zones d’ombres que dans les hautes lumières, l’appareil photo lui, tire la patte.

Conséquence? Eh bien, si la caméra est capable d’offrir de l’information visuelle dans les zones d’ombres, c’est que les informations dans les hautes lumières seront absentes (ou surexposées). L’inverse s’appliquera tout autant: si c’est exposé pour voir les détails dans les hautes lumières, les informations dans les zones d’ombres en souffriront et seront peu ou pas visibles sur l’image, fades, et sans profondeur. Ce sera l’un OU l’autre!

Photo de soir réalisée par Frédéric blanchet pour Édith Bourret de ReMax du Cartier.

La technique HDR est utile afin de recréer l’ambiance lounge proposée par les lieux. Le photographe doit trouver le bon dosage pour un éclairage qui respecte le lieu et la nécessité de bien lire l’image et son information.

Arrive, le HDR!

C’est là que la technique HDR vient aider le photographe. L’idée générale est d’offrir un coup de main à l’appareil photo à partir de ses propres outils, pour permettre au photographe de créer une image avec plus d’informations que ce que l’appareil offrirait dans des conditions classiques de prise de vue. Et se rapprocher de ce que son oeil voit.

Simple en théorie, mais… plus compliqué pour obtenir LE bon résultat

Prêt pour l’explication?

Plutôt que de faire une seule photo d’un lieu, votre photographe prendra une série d’images (chiffre généralement impair, entre 3 et 9) en variant les expositions, si bien que dans les unes, les détails dans les zones d’ombres vont ressortir et dans les autres apparaitront les détails dans les hautes lumières.

Autrement dit, il expose normalement, sur-expose ensuite (pour les ombres) et sous-expose finalement (pour les hautes lumières), afin d’avoir une plage de luminosité large, voire complète, qui offre le maximum d’informations.

Cette image doit offrir une belle luminosité intérieure, en respectant l’ambiance de l’endroit, et en allant chercher la luminosité extérieure afin que l’on se situe par rapport à l’environnement extérieur. Notez les différentes sources de lumières avec lesquelles la photographe doit composer.


C’est tout?

Non! Ensuite vient le traitement des images. De retour devant son ordinateur, le photographe utilisera l’une ou l’autre des quelques méthodes existantes pour traiter ses images. Il devra solliciter son logiciel afin de lui demander de surexposer les groupes de 3, 5, 7 ou 9 images pour n’en former une seule pour chaque groupe.

Il existe plusieurs logiciels qui créent du HDR. Moins qui le font avec efficacité. Je n’en nomme que deux parmi ceux-ci: Photomatix et HDR Efex Pro. Lightroom, dans sa version 6, vient de passer un autre niveau dans le but de créer un meilleur HDR, mais n’y est pas encore.

Bon, maintenant c’est tout?

Non! La fonction première des logiciels de traitement HDR est de superposer les images sélectionnées pour en faire une seule image. Ce ne sont pas des logiciels reconnus pour offrir des outils de traitements d’images efficaces. C’est pourquoi une fois le HDR réalisé, le photographe doit retourner dans Lightroom (ou le logiciel de traitement de son choix) afin de compléter le travail de traitement: corrections de poussières, luminosités, contrastes, saturations, lignes, densités, etc..

Oui mais mon appareil photo le fait! Fais-le donc?

Pour différentes raisons techniques – et essentiellement de qualité -, je ne privilégie pas l’utilisation des outils de manipulation fournis par l’appareil photo. Pour une utilisation personnelle, aucun problème. Mais lorsqu’il s’agit de photographier dans un cadre professionnel, travaillez comme un professionnel avec des outils professionnels.

Dans la plupart des cas, les photographes dits professionnels qui utilisent les outils de préprogrammations disponibles dans leur appareil photo cachent en réalité des lacunes techniques, une lacune dans leur démarche créative et se fient à leur appareil, pour réaliser et traiter pour eux les images.

Le challenge est multiple pour Julien, en ce sens que la pièce, bien qu’agéablement décorée, est chargée, avec un design particulier à savoir mettre en valeur, et des éclairages variés aux températures de couleurs tout aussi variés. Il est important de bien utiliser le HDR et encore plus la post-production afin d’équilibrer le tout, pour le plaisir des yeux et l’information à transmettre.

2 raisons de faire du HDR: Nécessité ou créativité

Ces deux raisons s’entrecroisent fréquemment dans le monde de la photographie, mais dans le domaine de l’immobilier, nécessité prendra la plus grande place aux dépens de la créativité sur l’image.

Il ne s’agit pas d’éliminer la créativité, mais de l’utiliser correctement. En photographie immobilière nous vendons une maison, pas un style photographique.

Un beau HDR est un HDR qui ne se voit pas!

En terminant, l’image doit servir à mettre la propriété en valeur, voire améliorer votre image de marque, votre branding; non l’inverse!

C’est pourquoi le photographe se doit d’offrir à son client une image qui soit techniquement sans faille et créativement au service du produit.

En immobilier, le spectateur qui regarde une image réalisée en HDR ne devrait pas sentir le traitement derrière l’image, ni sa mécanique. Une image proprement réalisée laissera toute la place au produit qu’elle montre.

Si vous voyez des artéfacts fantômes sur une image (exemple courant: dédoublement de feuilles d’arbres sur une photo), si vous voyez des couleurs surréalistes (rouge, jaune et vert trop saturés), des textures de matériaux qui ne se ressemblent pas (du bois qui ressemblent à du métal…), des jeux de densités de lumières le long d’une bordure de toit (fréquent), vous avez identifié quelques problèmes.

Et maintenant, allez faire un tour sur Google et vous allez voir bien différemment!

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